Gilles et Simone FRESSINET

Gilles Fressinet
Je suis né dans l’Isère à Vienne le 14 avril 1949 mais Drômois, famille paternelle ardéchoise, grands-parents alsaciens du côté de mon grand-père et puis famille maternelle italienne qui est venue à Vienne attirée par les industries textiles, donc un peu italien.

Simone Thomas Freyssinet
Née le 17 mai 1940 à Nancy, pas ardéchoise, pas italienne, française de souche paysanne installée dans une région de sidérurgie, plus particulièrement les laminoirs et les fours à coke. C’est une enfance dans le monde ouvrier des cités des années 40-60.

Nous avons tous deux fait nos études à l’Ecole Normale, Simone à Nancy et moi à valence. J’y ai fait plusieurs rencontres qui ont changé ma vie. D’abord, pour moi, cela a été l’ouverture vers la vie après mon enfance dans la petite ferme de ma famille. La pension à l’Ecole Normale a été un moment important, j’ai découvert la culture, l’ouverture sur le monde et puis j’ai fait deux ou trois rencontres qui ont été déterminantes pour la suite de mon existence. Déjà la rencontre avec le directeur, Louis Legrand, personnage hors du commun et puis deux copains musiciens : deux fondus, deux fans de jazz, Jean-jacques Taïb et puis Alain Brunet qui est devenu plus tard le Chef de Cabinet de Jack Lang, directeur de l’ADDIM. Jean-Jacques Taib avait constitué un groupe de jazz composé d’une chorale, garçons et filles de L’Ecole Normale et d’un orchestre
Notre professeur de dessin, très populaire parmi les élèves, habitait Cliousclat ; il y était potier et s’appelait Julien Bonnand. Une année, au retour d’un concert donné à Buis les Barronnies nous avons été invités à Cliousclat par les organisateurs de la fête votive. Julien Bonnand était parmi eux et nous avait présenté. Le comité des fêtes, au lieu de solliciter la traditionnelle fanfare municipale ou l’orchestre musette avait engagé notre orchestre de jazz pour faire la tournée des fermes. Nous étions juchés sur une camionnette avec nos trompettes, trombones,contrebasse, pour faire cette tournée. C’était pour la vogue, la fête votive.

Simone
Quand il y avait la vogue à Cliousclat, les musiciens devaient faire la tournée de toutes les fermes. Ils appelaient cela les aubades.

Gilles
Traditionnellement, cela se faisait avec un orchestre musette et là, ils avaient innové en choisissant un petit orchestre de jazz. Nous jouions des standards. Il y avait du blues, de la musique New Orlean’s, c’était de la musique très accessible. Nous avions d’ailleurs été très bien reçus dans les fermes. C’était toute une époque, j’avais été très surpris parce que ce n’était pas la fête d’un petit comité soit-disant intellectuel ; y avait une participation active très diversifiée de la population du village et de la campagne. C’était vraiment la fête pour tous et tout le monde participait, avec une association qui s’appelait la D554, du nom de la départementale qui traverse le village, et dirigée par Florian. C’était en 1968, une très belle fête. Les produits fermiers s’étalaient dans tout le village. Il y avait des peintres, des tisserands et puis évidemment les produits des poteries du village.
A l’époque, c’était encore Mr Sourdive père, Mr Philippe Sourdive qui tenait la poterie traditionnelle. Il y avait aussi toutes sortes de présentation de produits de la ferme, beaucoup de monde. Toutes les rues étaient très bien décorées. C’était somptueux comme fête. C’est à cette occasion que j’ai découvert Cliousclat. Je ne connaissais pas ma femme à cette époque.


C’est plus tard que j’ai rencontré Simone. Nous étions tous deux en poste à Valence. Elle venait de réorganiser l’emploi du temps de toute une école de 10 classes pour les après-midi.


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