Je suis né à Mirmande, dans la maison de pierrot Rouveyre, dans sa ferme, dans la même chambre que lui,
parce que mes parents se sont mariés en vingt, ils sont venus pour la ferme
de pierrot Rouveyre, parce leurs parents étaient à Mirmande.
Mon père est resté 7 à 8 ans là, il était cultivateur, parce que mes grands parents n’étaient pas loin de là, maintenant
c’est Combe qui y habite là. C’était mon grand père et ma grand-mère du côté de ma mère.
Je suis été d’abord à l’école de Combemore de Grâne parce que j’étais trop petit,
et mes frères descendaient à l’école à Mirmande, environ 3 ans à Combemore. Les chemins n’étaient pas commodes,
avec mon père on montait en vélo, jusque passé le bois au plateau, et après à pied,
et on était à ce moment là à l’école de Combemore maintenant il n’y a plus rien du tout.



Quand je montais à Rouveyre j’avais 4 ans, c’était en 33, j’y suis resté pendant 6 à 7 ans,
et quand mon frère Roger na plus été à l’école, j’ai appris a monter à bicyclette, et je suis descendu à l’école de Mirmande,
en moment là il y avait beaucoup ‘élèves à Mirmande , Madame et Monsieur Blanc avaient chacun une classe complète,
c’étaient de braves instituteurs, je les regrette beaucoup je suis allé dans cette école jusqu'à 14 ans et demi,
j’avais pas bien une bonne tête, j’ai été souvent malade quand j’étais jeune, alors je suis resté six mois de plus,
toute mon enfance à été Mirmande, à cette époque c’était plus vivant que maintenant, il y avait beaucoup de commerces,
il y avait un boulanger, du temps de mon père il y en avait deux, il y a eu monsieur Corte très longtemps et monsieur Gonthier,
le père et puis le fils, il y avait deux épiceries, l’épicerie rouveyre, l’épicerie Chastang en bas,
c’était Testu ma cousine qui était mariée à Testu, il y avait deux bouchers,
Monsieur Orbillac et monsieur Deffaut, qui tenait en face de l’église, Vous aviez encore mademoiselle Planet
qui tenait pas mal d’affaires, pantalons, chemises, on lui commandait tout ça, il y avait deux cordonniers,
monsieur Paul Rouveyre le grand père de Ginette Rouveyre et son ère qui était cordonnier, son frère Gustave Rouveyre
qui faisait épicerie et cordonnier en même temps. Il y avait trois café, Monsieur Bert, sa mère qui le tenait,
Le café de madame Rouveyre et le café de mademoiselle Dechaud son père et sa mère que j’ai bien connu,
toute la famille, juste devant l’église, après la messe on allait boire un verre, comme on restait à Rouveyre
l’hiver il fallait y monter en bicyclette, et le matin ma mère me faisait chauffer
des pierres en silex qu’elle pliait dans du papier, pour nous tenir chaud l’hiver pour quand je descendais,
monsieur Blanc l’hiver me gardait toujours une place à côté du poil , ça je ne l’ai jamais oublié,
on avait des copains mais le samedi ma mère m’envoyait garder les moutons, il fallait descendre à bicyclette
le dimanche pour la messe et le catéchisme, c’était l’église en bas en haut j’ai jamais été, après 24 ans
j’ai aidé mon père pour couper du bois, labourer les champs et semer, jusqu’à 20 ans,
quand je suis parti de Rouveyre c’était en 49 au mois de novembre, à Rouveyre c’était Suzanne Brun qui était propriétaire,
en ce moment là on avait pas droit a avoir beaucoup de terre, alors mon frère s’est mis a faire le pain,
on faisait tous notre pain et on achetait la farine à Grane, le meunier n’était pas trop regardant,
il nous faisait plus de farine que ce que l’on avait droit, on avait le four, il y en avait partout,
chez souchier il y en avait un à côté aussi. C’était des partages de famille, il y avait une porte
qui communiquait avec les autres de la famille, la grand-mère souchier était une Rigaud .
A Mirmande il y a eu la vigne, les mûriers, ça a été prospère à ce moment là, il y avait beaucoup d’usines,
ma grand-mère a été surveillante à Sainte Lucie quand mon père était tout petit quoi.

Toutes les usines étaient florissantes, il n’y a qu’à voir toutes les grosses maisons à Mirmande
C’était des usines pour le vers à soie, il y avait un chaudière que monsieur Tazief a monter vers l’église
c’était pour chauffer les bassines et pour faire sortir du vers a soie le fil. Je sais pas comment

ça se passait, ils le tressait. Les gens élevaient le vers à soie, c’était leur premier sou comme les cerises maintenant.
Il y avait la première mue, le deuxième mue, on donnait de la bruyère pour que les vers à soir mangent.
Pour la vigne, il y en avait dans le commune, chez Pierrot rouveyre, c’était au moment de mon grand père,
ici on avait tous une parcelle de terre, la forêt de pins qui appartient à la commune , avant il n’y avait pas de végétation là,
les derniers pins plantés mon père avait 4 ans et il est mort en 1894. Les derniers pins ont plus de cent ans.
Et donc avant les pins après la révolution les gens ici avaient tous une chèvre, des moutons,
c’est pour ça qu’il n’y avait plus de végétation dans cette parcelle. Ils ont planté des pins parce que des gros orages
les ruisseaux emportaient tout. Quand ma grand-mère était surveillante, mon grand père coupait les foins à la faux,
après le blé, et ensuite il faisait des fagots, pour les gens se chauffer, pour le boulanger, et pour la poterie.
J’ai aidé mes parents jusqu’à 20 ans, je suis allé au service militaire, le 3mai 1950.
Je suis été faire mon service militaire en Tunisie. La guerre d’Algérie a commencée juste après.

J’ai fait 18 mois à côté de Tunis, au retour j’ai repris la ferme, on avait pas de tracteur, on travaillait avec les bœufs,
je me suis mis à planter des pêchers, on en avait pas beaucoup quoi. On avait deux ou trois chèvres,
des lapins des poules, un cochon. Avant à Rouveyre on avait trente brebis 6 bœufs, 3 cochons des lapins des poules .
on a quitté Rouveyre au mois de novembre, mon père a acheté une petite ferme ,
la maison était en mauvais état et on en a reconstruit une grosse partie .
Après j’y suis resté seul. J’ai fait des pêchers jusqu’à ma retraite, ensuite j’ai loué mes terres à un neveu, malheureusement décédé l’année passée .
J’ai du relouer tout ce qui touchait mes voisins. Quatre voisins , la vie est faite comme ça, j’ai une tante qui est Mirmandaise et qui habite
La Voulte qui va avoir ses 104 ans, quand je vais la voir, elle ne me parle que de Mirmande,
elle me parle des gens et je dis ma pauvre je n’étais pas né, elle devient un peu sourde mais ça va très bien.
Elle a encore sa tête, elle joue aux cartes avec ses filles, elle a eu une grosse famille, elle a eu 12 enfants.
Elle est née au centre de Mirmande la maison s’appelait La « Bouliguère » mon grand père ne savait pas lire
mais il aimait bien savoir les nouvelles, on lui a acheté un vélo pour qu’il descende acheter le journal.
Comme c’était au début de la guerre 14 il avait peur de partir , mon père lui est resté 3 ou 4 ans au grand Rigaud dans la ferme de monsieur Pousca .
Du côté de chez ma sœur c’était des Tracol on était des grandes famille, entre voisins on s’aidait ,
avec les bœufs pour les pommes de terre, les betteraves pour labourer bien plus profond .
L’hiver on faisait des veillées, on connaissait pas la musique, j’ai connu poste en 40, on faisait des jeux, aux cartes,
on triait les noix, on allait faire de l’huile chez madame Bonnet et madame Rigaux qui avait son moulin à huile.
C’a marchait avec l’eau qui alimente chez Mr Joffre, c’était le moulin a farine, les gens apportait le blé
et on faisait la farine et le pain chez les deux boulangers. J’ai passé toute ma vie à travailler, jusqu’à la retraite,
quand on était jeunes on allait en bicyclette aux vogues, aux fêtes de villages, la bagarre ça arrivait très peu souvent ,
je me rappelle une fois nous avions été à Marsanne à bicyclette, un collègue avait plus de freins,
alors il a trouvé une grosse branche d’arbre attachée derrière pour faire frein. Il y avait des musiciens, de la trompette,
de l’accordéon . devant chez Pierre Bert tout le monde y allait, les vieux, le jeunes tout le monde dansait.
On buvait de la bière, il y avait un marchand de bonbons on tirait des feux d’artifices ceux qui faisaient la vogue, des jeunes souvent,
venaient faire la sérénade, ils passaient dans les maisons et on donnait pour qu’ils puissent faire la vogue on donnait la pièce.
Bien sur il y avait des fois qu’ils ne trouvaient personne, (rires) parce qu’ils se cachaient ….

La vogue était le dernier dimanche d’août. Et Cliousclat puis Marsanne on faisait tout en vélo.
Et oui c’était le bon temps. Mes meilleurs souvenirs, toujours les 11 novembre l’école après l’appel des morts,
on chantait la marseillaise, ça m’a toujours resté . a la guerre 39 - 45 j’ai couché 5 jours dans les bois,
quand les Allemands sont arrivés quoi, le maquis sont venus chez nous, il y avait 180 maquisards,
ils prenaient la garde, la haut vers Chabana à Grâne, tous les matin y passait un avion et chez nous il y avait de grands noyers
et de grands mûriers, et les maquisards mettaient leurs affaires camions tout ça à notre ferme,
le dépôt d’aliments, le sucre, du chocolat des pâtes, ils faisaient la cuisine chez nous quoi.
Ça a duré 4 jours seulement les américains ne sont pas venus très vite,
le maquis ont tiré sur cet avion des Allemands et l’avion est tombe dans la <plaine de Marsanne,
et alors en représailles, les Allemands sont montés la haut vers la Chabena et les maquisards croyants
que c’étaient les Américains qui arrivaient, ils ont été tués a bout portant. Deux morts et quatre blessés.
Un fils de Livron qui y était et est mort. Quand les Maquisards se sauvaient, mon père croyant qu’ils allaient à l’attaque est descendu à la maison,
et le lieutenant des maquisards c’est là qu’il lui a dit laissez votre porte ouverte et partez coucher dans les bois.
On est resté 5 jours que le canon tonnait, il y avaient les 188 qui tiraient sur le pont de Livron et les rideaux bougeaient,
et pour revenir à la Chabana il n’y a même pas de plaque pour les maquisards, ils se sont fait tués la bas il pourrait
y avoir une plaque sur le bord de la route. La Chabana c’est une grosse ferme sur le plateau, il y avait un habitant il était vieux,
il a sauté de sa fenêtre et s’est sauvé dans le bois les gendarmes l’on raté, c’était pas les Allemands.
Aujourd’hui ça a changé dans le bon sens. Vaut mieux être ami que ennemi ,
eux aussi comme nous ont eu beaucoup de pertes, la guerre vous savez c’est le malheur, pourvu que l’on ai plus jamais d’Hitler, pour les jeunes .

Après on est rentré car on avait laissé les bœufs, et les voisins aussi sont revenus coucher
on avait dormi sous un arbre vers « Bichet » la colline de Bichet . maintenant je vais plus chasser mais j’y passais toujours,
voila, c’est du passé quoi. Pour en revenir à Mirmande j’ai une chanson La Mirmandaise que c’est monsieur et madame Blanc qui l’ont écrite,
(Me Chastang la chante » ils l’ont composé quand on inauguré la salle des fête en 1949 le 8 mai .

Chanson La mirmandaise La Mirmandaise

Il y avait donc deux restaurants à Mirmande Mr Bert et Madame dechaud je n’y allait pas manger très souvent,
dans le temps quand il y avait un enterrement on payait le repas aux porteurs,
il n’y avait pas les pompes funèbres, c’était le voisin qui emmenait le décédé. 46
J’ai eu des arbres fruitiers, Mr Caillé nous avait donné des plants, des greffons on greffait quoi,
maintenant il faut acheter les plants et ça enlève des bénéfices, Mirmande à bien changé mais enfin,
Marcelle Rivier, derrière chez Mr Tracol on voit bien Mirmande là, en entier, elle venait là peindre.
Elle avait trouver ce coin. Il y avait une chorale à Mirmande Mr Blanc Pierre Rouveyre Raymond Joubert mon cousin Albert Chastang et d’autres,
Henri Charroin , mon père chantait bien, mes frères chantaient mieux que moi, (Mr Chastang rechante) chanson vers 54