Souvenirs
Je suis né à Mirmande, ma mère aussi, mon père est né à Cliousclat,
c'est ce qu'il disait alors que sur ses papiers il serait né à Saulce.
Ma femme aussi était de Mirmande, je l'ai rencontré à un bal.
Il n'y en avait pas beaucoup , c'était la guerre et les bals étaient interdits.
Les allemands sont venus ici, ils cherchaient des remorques de vélo.
Le maire Léchère était très anti allemand et quand on a fait sauter le pont de Livron le maquis les a arrêtés un moment.
Ils cherchaient aussi le poste de radio, qui était chez Marcelle Rivier(Voir Galerie Sapet),
on le déplaçait tous les jours, la milice le cherchait partout.
J'ai connu la Magnanerie, le père Léchère était délégué spécial,
c'est lui qui nous a mariés et c'était pas vraiment légal,
le maire Mr Caillet me disait "il faudra le refaire car c'est pas normal".
Il y avait beaucoup de familles Juives, ils ont soufferts, les gendarmes étaient pour la résistance,
ils sont venus avertir quand on devait venir les chercher.

Tous les paysans venaient chercher le pain ici, chez Mr Coste, puis Rasque et ensuite chez Gonthier.
La boucherie était en face de chez Margot, il y avait deux menuisiers, une mercerie, deux épiceries,
trois cafés. Mes parents et mon grand père le tenaient déjà, mes parents en 1926 et ma femme et moi ensuite;
Mes parents travaillaient chez Tracol, je suis né là.
Il y a eu plein d'artistes qui venaient dans mon bistrot,
il y avait Camhi, Cottavoz, Duyvendac , Garbell, madame Joly, Loopuyt, enfin beaucoup.
Il y a eu un Löwensten, il emmenait toute sa collection en Amérique et le bateau a coulé,
il a tout perdu, le bateau a été coulé par les Allemands.
Le père Marandet Maurice, Marandet Guy le fils, Marcelle Rivier(Voir Galerie Sapet). André Loth, ont exposé en 1940.

Mirmande vivait, c'est la télé maintenant qui a tout foutu en l'air,
dès six heures on est devant la télé, c'est un village qui meurt, il y avait la fête votive,
c'était que des Mirmandais. Il y a eu des gens qui ont essayé de faire des choses mais quand on a fermé le café, fini.
Avant on se rencontrait, on buvait un coup, on parlait, on jouait aux boules même la nuit,
c'est triste pour ceux qui ont connu ça.
On pouvait vivre avant! maintenant il y a trop d'impôts et on a plus d'argent à cause des impôts.
André Lothe était un ami de la famille, il venait manger tous les jours ici presque.
Avec ses élèves il était assez dur, si le tableau ne lui plaisait pas il était dur.
Il avait une vingtaine d'élèves, certains même qui venaient d' Amérique.
Depuis 1998 j'ai arrêté, mais mes souvenirs sont ici, J'aime la peinture,
comme Picasso, et la peinture moderne, je ne suis pas connaisseur, ça me plait ou ça ne me plait pas.

Autrefois il y avait des moutons ici dans les rues, et même des tas de fumier, ça peut étonner mais c'est comme ça.
Il y a eu des concerts de grande musique à l'église, les gens disent il ne se passe rien mais ils n'y viennent pas,
on a plus cette affinité que l'on avait entre nous, les plus vieux disparaissent,
la mercerie a fermé, personne ne l'a reprise, si le boulanger ferme, c'est foutu,
le village meurt , personne ne le remplacera.
Tieno est venu avec sa caravane, puis il a acheté une ruine et il a fait un sacré boulot là-bas,
je l'ai un peu aidé à transporter des dalles, on était une petite équipe et on tournait , on s'aidait,
j'étais adjoint à la mairie avec Haroun Tazief, avec lui je suis allé en Sicile, à l'Etna, ça c'était de bons souvenirs...
Je suis resté au conseil municipal 21 ans, avec Mr Caillet, Mr Hauteville, Mr Fougeirol,
c'était du boulot, en tant qu'adjoint, je devais tout faire, il était souvent en voyage et je devais le remplacer.
J'en avais marre à la fin. J'ai fait deux ans au Liban, j'étais prisonnier des Anglais à Balbek .
J'ai joué au football longtemps, j'aimais ça.
On se réunissait tous après les matchs et on buvait un bon coup ensemble.
Maintenant si je tombe dans la rue, j'y reste toute la nuit, il n'y a plus personne. la nuit.
Martine Penichon - Ludwik

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